|
Si vous avez entendu dire que les Normes internationales d’information financière (normes IFRS) s’en
venaient au Canada mais que vous ne savez pas encore à quoi rime tout ce battage, il est temps de répondre à
l’ordre de mobilisation générale, c’est-à-dire à l’exposé-sondage général.
Le CNC a confirmé en février dernier que 2011 serait l’année du passage du Canada aux IFRS et il a publié
le 7 avril un exposé-sondage général portant sur l’ensemble des normes internationales qui vont bientôt
remplacer les PCGR canadiens. Adoption des IFRS au Canada (disponible à l’adresse www.cnccanada.org/download.cfm?ci_id=44313&la_id=2&re_id=0)
donne aux Canadiens la possibilité de formuler, d’ici le 31 juillet 2008, des commentaires sur un certain
nombre d’aspects du passage aux IFRS. Autre fonction majeure de cet exposé-sondage : vous rappeler que, si
vous n’avez pas encore commencé à vous préparer aux IFRS, vous feriez mieux de vous y atteler!
Les entreprises ayant une obligation publique de rendre des comptes devront suivre les IFRS pour la
préparation de leurs états financiers intermédiaires et annuels des exercices ouverts à compter du
1er janvier 2011. Mais cela ne veut pas dire que vous ayez encore deux ans et demi pour vous
préparer. Vous aurez également besoin d’états financiers d’un exercice de comparaison qui soient conformes
aux IFRS, notamment d’un bilan d’ouverture en IFRS en date du 1er janvier 2010 dans le cas où
votre exercice coïncide avec l’année civile. C’est maintenant qu’il faut vous familiariser avec les IFRS,
afin de commencer à choisir les méthodes comptables que vous utiliserez après le basculement et de voir s’il
y a des modifications à apporter à vos systèmes afin de pouvoir recueillir les données nécessaires. Vous
pourriez également songer à prévenir les investisseurs, et les autres utilisateurs de vos états financiers,
de ce à quoi s’attendre dans l’avenir.
Vous n’êtes pas sûr de ce qu’est une entreprise ayant une obligation publique de rendre des comptes?
L’exposé-sondage général devrait vous fournir la réponse, et vous avez jusqu’à la fin de juillet pour dire si
vous êtes d’accord avec la définition qu’en propose le CNC. Disons qu’en règle générale, si votre entité est
à but lucratif et est inscrite à la cote d’une bourse canadienne ou détient des actifs en qualité de
fiduciaire pour un vaste groupe de tiers (comme dans le cas d’une banque, d’une coopérative d’épargne et de
crédit, d’une compagnie d’assurance, d’une maison de courtage de valeurs ou d’un fonds commun de placement),
vous passerez aux IFRS dans les années qui viennent. Si votre entité est une société à capital fermé ou un
organisme sans but lucratif, vous n’êtes pas visé par la date de basculement obligatoire (même si vous
pourrez toujours choisir d’adopter les IFRS une fois qu’elles seront dans le Manuel de l'ICCA —
Comptabilité). Mais ne tenez pas pour acquis que vous n’aurez jamais à vous soucier des IFRS. Le CNC
n’a pas encore décidé quelle stratégie il convenait d’adopter eu égard à l’information financière de ces deux
catégories d’entités. Il se peut qu’il opte finalement pour une stratégie qui vous oblige à adopter tout ou
partie des IFRS.
Comme vous l’avez peut-être déjà deviné, l’exposé-sondage général est très différent des exposés-sondages
dont vous avez l’habitude. Pour commencer, il comprend les 37 normes et 22 interprétations qui correspondent
au recueil 2007 des IFRS publié par l’International Accounting Standards Board (IASB). Le CNC espère pouvoir
intégrer ces textes dans le Manuel au début de 2009, de manière à ce qu’ils soient à la disposition
des entités publiantes canadiennes au moment où elles en auront besoin (y compris pour celles qui voudront,
si les autorités de réglementation le permettent, commencer à utiliser les IFRS avant 2011). Il va de soi que
toute modification apportée par l’IASB aux IFRS avant ou après 2011 donnera aussitôt lieu à une mise à jour
du Manuel, de manière à ce que celui-ci contienne en permanence la version la plus actuelle des
normes internationales.
Je vous entends déjà vous écrier : «37 normes et 22 interprétations! J’aurai bien de la chance si je
réussis à lire tout ça d’ici 2011, sans parler du temps qu’il va falloir pour planifier la transition et
répondre à l’exposé-sondage!» Pas de panique. Bien que la quantité à lire soit imposante, la situation n’est
pas si terrible. La partie «Points saillants» de l’exposé-sondage comprend une annexe où vous trouverez des
suggestions qui vous faciliteront l’examen des IFRS. Vous serez également agréablement surpris de voir
combien les PCGR canadiens et les IFRS ont de points communs. Ils se ressemblent beaucoup, sont fondés sur
des cadres conceptuels essentiellement identiques, couvrent des sujets qui se recoupent largement et sur
lesquels, dans nombre de cas, ils aboutissent à des conclusions semblables. Cela est dû en partie au fait que
certains chapitres du Manuel ont tout simplement été inspirés d’une IFRS donnée, dans une
perspective de convergence. Pour ce qui est de répondre à l’exposé-sondage, n’oubliez pas que, parce que les
IFRS ont déjà fait l’objet de délibérations dans le cadre de l’IASB, le CNC ne vous demande votre avis que
sur un nombre limité de questions. La plus importante est de savoir si l’une ou l’autre des IFRS présentées
dans l’exposé-sondage pourrait ne pas fonctionner au Canada, même si elle semble fonctionner partout ailleurs
dans le monde.
Ne vous inquiétez pas si vous n’êtes pas parmi les premiers à avoir téléchargé l’exposé-sondage général.
Mais, maintenant que vous êtes au courant, ne manquez pas le coche. La route des IFRS est longue. Rien ne
sert de courir, il faut partir à point.
|